Hénin-Beaumont : faux tract, charges verbales… jusqu’où ira Marine Le Pen ?

Article publié le 08-06-2012 sur Le plus (http://leplus.nouvelobs.com/matthieulepine)

La présidente du Front national semble perdre son sang-froid en cette fin de campagne législative. Après l’affaire du faux tract de Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen sombre dans l’insulte permanente envers son adversaire. Une attitude de plus en plus violente qui diverge de celle adoptée lors de la présidentielle.

Marine Le Pen. / Crédits : AFP

Un changement radical de tactique

 Lors de la campagne présidentielle, Marine Le Pen avait pris l’habitude de se poser en victime face à son principal adversaire, comme en témoigne son attitude lors du face-à-face sur le plateau de « Des paroles et des actes » le 23 février dernier. Celle-ci refusa de débattre, prétextant se sentir insultée par les remarques faites à son encontre par le candidat du Front de gauche. Donnée perdante, dans les sondages, au second tour des législatives dans la circonscription d’Hénin-Beaumont, la présidente du Front national semble aujourd’hui avoir décidé de changer radicalement de stratégie.

 Ce lundi 4 juin, lors d’un meeting, elle a qualifié son adversaire d’« hurluberlu d’extrême gauche » au « visage hideux et dangereux ». Elle qui ne supportait pas la moindre remarque il y encore quelques semaines se lance aujourd’hui de manière éhontée dans l’injure personnelle. En s’en prenant ici directement au physique de Jean-Luc Mélenchon, elle franchit une nouvelle limite, démontrant un manque de correction que l’on ne saurait tolérer chez un élu de la République.

 À travers cette affaire, on ne peut que constater le décalage évident avec l’attitude adoptée lors de la présidentielle. Fini la posture victimaire, poussée dans ses retranchements, c’est dorénavant une Marine Le Pen sans retenue qui s’exprime.

Une tentative désespérée

 Cette attitude n’est pas sans rappeler un passage de « L’Art d’avoir toujours raison (ou Dialectique éristique) », d’Arthur Schopenhauer. Dans ce court traité, le philosophe allemand donne à son lecteur 38 stratagèmes pour l’emporter, même au prix de la plus grande mauvaise foi, face à son adversaire lors d’une controverse. Il définit son 38e et ultime stratagème ainsi :

 « Si l’on s’aperçoit que son adversaire est supérieur et qu’on va perdre la partie, que l’on prenne un ton personnel, offensant, grossier. Devenir personnel, cela consiste à passer de l’objet du débat (puisqu’on a perdu la partie) au contradicteur lui-même et à s’en prendre à sa personne, d’une manière ou d’une autre. »  Tout est dit.

 Cette tentative désespérée de retourner la situation à son avantage est pourtant veine, comme l’affirme Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche et auteur récemment d’un ouvrage sur le Front national (« Le Parti de l’étrangère : Marine Le Pen contre l’histoire républicaine de la France », éd. Tribord, 2012). Si Marine Le Pen semble pouvoir virer en tête au premier tour, il paraît peu probable que le rapport de voix lui soit favorable au second.

Des propose insultants et incohérents

 Au pied du mur et citée en justice par Jean-Luc Mélenchon suite à l’affaire du faux tract, la présidente du Front national a décidé de s’enfermer dans une attitude insultante, en déclarant que celui-ci était une « pauvre chochotte » avant de rajouter « il va pleurnicher au tribunal parce qu’on est méchant avec lui« .

 Des propos absurdes, qui sont en totale incohérence avec l’attitude procédurière adoptée par Marine Le Pen depuis son arrivée à la tête du parti d’extrême droite. Elle qui se livrait il y a quelques jours à l’invective personnelle envers son principal adversaire a par ailleurs décidé de poursuivre Raquel Garrido, avocate de Jean-Luc Mélenchon, qui l’avait qualifiée de « délinquante »…

 La campagne anti-Mélenchon menée par le Front national n’a pas l’air de fléchir. Un nouveau faux tract comparant le candidat du Front de gauche à Adolf Hitler circule aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Jean-Luc Mélenchon accuse l’extrême droite d’être derrière. Car après tout, en panne d’argumentation, Marine Le Pen ne semble plus avoir que les coups bas et l’invective pour contrer son adversaire.

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One Response to “Hénin-Beaumont : faux tract, charges verbales… jusqu’où ira Marine Le Pen ?”
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  1. […] têtes permet à Marine Le Pen d’accréditer la thèse du lifting au sein du FN. En réalité, lorsque le masque de la dédiabolisation tombe on se rend très facilement compte que le père et la fille forment en réalité les deux faces […]



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