Accident du travail : « Il est passé complètement dans l’oubli »

Le 17 septembre dernier, sans qu’aucun média ne s’en fasse le relais, Steven Jaubert, ouvrier de 27 ans, était victime d’un tragique accident du travail. Huit jours plus tard, sa famille devait se résoudre à le voir partir.

Ce jeudi est un jour comme les autres pour Steven et ses collègues. Voilà quinze jours qu’ils ont entamé un chantier au cœur de Bordeaux. Il s’agit de repeindre les 1600 m2 d’un toit recouvrant un parking. Une toiture en fibrociment dangereuse cependant, car outre le danger de l’amiante, les plaques qui la composent sont particulièrement fragiles.

La pause-déjeuner terminée, le jeune ouvrier rejoint son poste de travail. Après une formation de charpentier naval, il avait passé un CAP couvreur-zingueur. Fort d’une expérience d’une dizaine d’années dans le bâtiment, il venait d’être embauché en CDI sept mois plus tôt par l’entreprise chargée du chantier. Les conditions de travail ne l’enthousiasmaient guère mais Steven allait devenir papa et ne pouvait pas se passer de cet emploi.

De retour sur le toit, Steven s’arme de son balai et se met à l’œuvre. « Et là, c’est le drame » raconte Sarah, sa sœur. « Son collègue entend des bruits de craquement puis viennent la chute et les cris ». Steven traverse la toiture. Non harnaché, il retombe cinq mètres plus bas sur le sol en béton du parking. « Les pompiers sont arrivés très vite. Mais malheureusement un hématome s’était formé sur toute la partie gauche de son cerveau ».

Le lendemain, le chantier reprend. Transporté au CHU de Bordeaux, Steven lutte lui pour survivre. Mais son cerveau a manqué trop longtemps d’oxygène et est terriblement endommagé. Le 24 septembre 2020, « après huit jours de combat on a dû tout arrêter car le destin en avait décidé ainsi. Il ne se réveillera pas. » Un terrible drame pour toute la famille, d’autant que Steven s’apprêtait à devenir papa…

L’enquête de l’inspection du travail devra déterminer si les conditions de sécurité étaient respectées sur le chantier. Tous les ouvriers avaient-ils la possibilité d’être harnachés ? Qu’en était-il de l’évaluation concernant la dangerosité de la toiture et la présence d’amiante ? Une plainte pour homicide involontaire a d’ores et déjà été déposée par la famille de la victime.

Comme trop souvent, les médias ne se sont pas faits écho de ce drame du travail. Certains avaient pourtant été contactés par la famille. « Il est passé complètement dans l’oubli… » déplore sa sœur.  «  C’est un désastre. Comment est-ce possible que des travailleurs passent à ce point dans l’oubli ? Mourir sur son lieu de travail ce n’est tout de même pas normal. »

4 réflexions sur “Accident du travail : « Il est passé complètement dans l’oubli »

  1. En moyenne 1 mort tous les 2 jours dans le BTP, on en parle jamais malheureusement. Peut être cela fait-il peur de savoir que des Hommes meurent tous les jours au travail dans notre sociéte dite civilisée ?

  2. Mais que croyez vous ? mon mari c’est trouvé dans une situation à peu près similaire (si ce n’est que lui n’est pas DCD) il bossait en temps qu’électricien dans un collège pour faire un dépannage sur les éclairages situés dans la cours(donc très peu hauts environ 3,00m) son apprenti tenait son échelle car les poteaux étaient métalliques et n’avaient aucune prises mais à un certain moment il a senti celle-ci partir et croyant que c’était son échelle qui se dérobait il s’est retenu au poteau en s’y cramponnant alors que malheureusement c’était lui (sa base ) qui était en train de craquer. En effet il avait été (ainsi que tous les autres) fixés dans du béton, mais dans l’herbe de la pelouse il était rongé par la rouille par l’intérieur sans que cela se voit;résultat :7 fractures du bassin, 3 fractures de la colonne ce qui a donné 3 mois d’immobilisation totale en hopital puis 3ans de soins avec « obligation » de reconversion !!!! nous avions 3 enfants et attendions le 4ème au moment de l’accident ,je peux vous dire que notre vie de famille a été plus que bouleversée ! mais le pire est qu’aujourd’hui (il vient de prendre sa retraite) son temps d’arrêt de travail a été décompté de sa retraite comme non cotisé et oui 3 ans non cotisés !!!!!!

  3. Dans le batiment, c’est pîre qu’ailleurs! Mais, aussi dans l’industrie ou autres, dans les années 90, on nous obligeait a faire une formation d’une semaine sur la sécurité avant de démarrer sur notre poste de travail. on nous rabâchait qu’il fallait faire des économies pour la sécurité sociale… Alors pourquoi, depuis les années 2000, il y a du relachement total !??? Pour ma part, dans mon travail j’étais trop souvent seule, j’ai eu pris des malaises par la fatigue, me suis fait enfermée dans une salle, je suis tombée dans les escaliers, glissé sur du marbre en tombant sur le dos et, j’en passe! Alors que, j’étais reconnu travailleur handicapée, je n’ai eu qu’une seule visite en quatorze ans. Il y a un grand j’m’en foutisse! Des gens hypocrîtes payés pour la sécurité sont davantage là, a lêcher les bottes des chefs d’entreprises ou collés a la machine à café. Il faut que celà change! c’est scandaleux !

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