Pourquoi je m’engage au sein du mouvement pour la 6e République ? (2)

     Accaparé par quelques partis au service d’une caste, le pouvoir doit plus que jamais revenir entre les mains du peuple. Cependant, il ne faut pour cela plus uniquement compter sur un changement de personnes. En effet, de promesses en mensonges, les politiques ne cessent de décevoir, pire de provoquer la défiance de la population. Face à un tel état des choses, c’est le système qu’il faut révolutionner. Un changement de constitution s’impose. Une nouvelle République doit voir le jour sur des bases démocratiques, sociales et écologiques. Des leviers existent pour cela et sont aujourd’hui à mettre au débat au sein du Mouvement pour la 6e République, avant de l’être demain au sein de l’Assemblée constituante.

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2- Changer les règles du jeu

Manque de légitimité des élus, non représentativité de la diversité des opinions, professionnalisation de la politique, attaques contre la souveraineté du peuple ou encore absence d’éthique de nos dirigeants, à chacun de ces maux qui rongent notre démocratie, nous pouvons apporter des solutions.

Les exemples étrangers nous l’ont montré, lorsque le peuple décide de prendre son avenir en main, rien ne peut se mettre en travers de son chemin. Au début des années 2000, contre toute attente, des mouvements populaires ont ainsi porté au pouvoir des gouvernements progressistes en Amérique du Sud. En Équateur, en Bolivie ou encore en Uruguay, de profondes réformes démocratiques et sociales ont ainsi pu être accomplies.

C’est de ces expériences dont il faut aujourd’hui nous inspirer, tant sur le fond que sur la forme. Nous devons par exemple à certains de ces pays, les premières expérimentations de référendum révocatoire, qui permet à mi-mandat de pouvoir révoquer un élu qui ne respecte pas les volontés populaires. Le peuple dispose là-bas d’un réel pouvoir non seulement de contrôle des élus mais aussi d’action.

On y autorise la mise en place de référendums d’initiative populaire, qui permettent de soumettre directement à l’approbation de la population des questions portées par une partie de l’électorat, sans avoir à obtenir au préalable le consentement d’une quelconque institution. Voilà deux mesures qui vont dans le sens de ce que nous recherchons aujourd’hui en France, rendre le pouvoir au peuple. Il faudrait probablement y rajouter l’obligation de consulter les citoyens pour la ratification des traités européens afin notamment d’éviter un quelconque contournement comme ce fut le cas en 2007.

Pour rassurer ceux qui ont peur d’avoir à se déplacer tous les weekends pour voter, là encore, inspirons nous de ce qui se fait à l’étranger. Les uruguayens votaient dimanche dernier pour élire à la fois leur président, leurs sénateurs, leurs députés et se prononçaient en même temps pour un référendum sur la responsabilité pénale. Quant aux suisses, qui ont eux aussi la possibilité de soumettre directement leurs propositions au vote des citoyens, ils se rendent plusieurs fois par an aux urnes et leur démocratie ne s’en porte pas mal pour autant.

En France, rien de cela n’est possible car le système est verrouillé par quelques partis. Un moyen d’en finir avec cette confiscation du pouvoir serait d’introduire la proportionnelle à toutes les élections. J’entends déjà les hurlements de certains esprits obtus pour qui proportionnelle égale FN. Je leur réponds que cette mesure, si elle s’inscrit dans un ensemble cohérent de réformes visant à rendre le pouvoir au peuple, ne sera en aucun cas un tremplin pour l’extrême droite. Ce sont justement les turpitudes du système qui font le jeu du Front national !

A la mise en place de la proportionnelle doivent venir s’ajouter la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé ou encore un strict non cumul des mandats en nombre et dans le temps. Cette dernière mesure aura notamment pour vertu de mettre fin à la professionnalisation de la politique. C’est ainsi, qu’on lutte efficacement contre la défiance du peuple envers ses représentants. Il serait tout aussi nécessaire, à mon sens, de constitutionnaliser inéligibilité des élus coupables de corruption, de conflit d’intérêt ou de fraude fiscale.

Bien d’autres questions seront par ailleurs à mettre au débat, comme celle du vote obligatoire, du droit de vote pour les étrangers ou encore de la suppression du Sénat. Certains proposent même d’en revenir aux fondements de la démocratie grecque en instituant le tirage du sort. Si je suis opposé à cette mesure, qui aurait pour conséquence de mettre fin au débat d’idée et réduirait l’influence des citoyens, elle devra être discutée si d’aucuns le jugent nécessaire.

La réécriture de la Constitution ne devra cependant pas s’arrêter à des changements d’ordre institutionnels et démocratiques. Ce texte fondamental est aussi l’endroit pour inscrire les droits sociaux élémentaires des citoyens. C’est déjà plus ou moins le cas aujourd’hui. Cependant, il est nécessaire d’aller encore plus loin afin de favoriser l’égalité, la solidarité et l’émancipation de chacun.

Nous pourrions donc y inscrire l’existence d’un salaire minimum mais aussi et surtout maximum afin que dans chaque entreprise il n’y ait pas de salaire supérieur à 20 fois le salaire le plus bas. L’interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des bénéfices pourraient elle aussi être constitutionnalisée. Des mesures pourraient par ailleurs être prises afin de lutter contre l’exode fiscal, comme le fait de lier l’impôt et la nationalité. Là encore les idées ne manquent pas.

La question de l’écologie devra enfin être posée. Des enseignements peuvent être de nouveau tirés des exemples étrangers. La protection de la nature est en effet au cœur des révolutions citoyennes sud-américaines. L’Équateur a par exemple été le premier pays à reconnaître des droits de la nature dans sa Constitution. L’Uruguay y a de son coté défini l’eau comme un bien public, rendant ainsi illégale toute privatisation.

Nous pourrions de notre coté instaurer la règle verte afin de préserver notre écosystème. On ne peut en effet plus consommer davantage de ressources que la planète ne peut en reproduire. La gestion des ressources, la relocalisation de l’économie comme la question énergétique ou celle des modes de production doivent être pensées dans le projet global que nous voulons construire. La réflexion autour de l’écologie ne peut plus être menée sans lien avec les questions économiques et sociales.

Le défi qui nous attend est donc vaste. Mais nous ne manquons cependant pas d’idées, de matières, pour pouvoir le relever. L’enjeu est trop important pour que nous ne nous en mêlions pas. L’inertie de notre démocratie est un danger. Trop de français sont aujourd’hui laissés en dehors de la politique. Pourtant, elle est la chose de tous !

A relire : Pourquoi je m’engage au sein du mouvement pour la 6e République ? (1) Rompre avec la Ve République

A venir : Pourquoi je m’engage au sein du mouvement pour la 6e République ? (3) Nous pouvons.

Comments
2 Responses to “Pourquoi je m’engage au sein du mouvement pour la 6e République ? (2)”
  1. GdeC dit :

    je suis bien sûr acquis à la cause, il faudrait écrire et argumenter pour davantage tenter de convaincre les autres… ce qui n’est pas incompatible, pour le moment, l’heure est au combat #cazneuvedemission > http://gauchedecombat.net/2014/10/30/remifraisse-crime-detat-cazeneuvedemission-signez-la-petition/

  2. Le processus de la 6e République s’élance progressivement et entre dans les esprits. Amplifions la tendance par tous les moyens possibles. Vive la 6e et vive la Sociale.

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