Hommage à Jaurès: la plaisanterie de Hollande n’a que trop duré

Que Jaurès n’appartienne à personne est une évidence. La pensée du tribun du Tarn est un patrimoine commun à toutes celles et tous ceux qui pensent que « la politique n’a de sens et de valeur qu’appliquée à résoudre le problème social ». Voir la République lui rendre hommage est donc un acte salutaire. Cependant, lorsque celui-ci s’accompagne d’une manipulation politicienne éhontée, il est du devoir de tout un chacun de le dénoncer.

FRANCE-POLITICS-CEREMONY

En effet, le déplacement de François Hollande à Carmaux s’est accompagné d’une instrumentalisation de la figure de Jean Jaurès. A grand renfort d’historiens affirmant voir dans les choix du gouvernement la continuité de l’action du fondateur de l’Humanité, le président de la République a tenté de légitimer son tournant social-libéral.

A l’heure où le Parti socialiste tente de faire passer sa politique de rigueur et d’austérité comme un acte de « responsabilité » et préconise la nécessité d’un effort « partagé par tous », la plaisanterie n’a que trop duré. « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait Jaurès. Nous en avons de nouveau la preuve aujourd’hui.

Augmentation de la durée de cotisation, hausse de la TVA, adoption du projet de loi sur « la sécurisation de l’emploi », abandon des ouvriers de Florange, refus d’accroitre la taxation sur les transactions financières ou encore absence d’une hausse significative du SMIC, l’action de François Hollande est une œuvre de pessimisme social.

Pour le chef de l’Etat, « l’Europe d’aujourd’hui est le rêve de Jean Jaurès ». Pourtant, cette Europe du dumping social, qui fait que des milliers de travailleurs étrangers sont exploités sur le sol français du fait de la mise en place du statut de travailleur détaché, représente tout l’inverse de la pensée jaurésienne.

Car concernant la politique sociale en Europe, voilà ce que préconisait le député du Tarn: « Il faut (…) établir d’une nation à l’autre des traités en vertu desquels un gouvernement fait bénéficier les citoyens d’autres pays qui s’établissent sur son sol, des lois protectrices du travail si l’autre  gouvernement observe une même conduite. (…) Les nations apprendront à respecter chez l’étranger un homme et un frère ».

Jaurès était un réformiste, mais aussi et surtout un révolutionnaire. A l’aune des deux premières années du mandat de François Hollande, il apparait plus que jamais que le président de la République s’éloigne chaque jour un peu plus de celui qui voyait dans le parti socialiste « un parti de révolution (…) parce qu’il veut abolir le salariat (…) et supprimer tout le capitalisme ».

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