180 000 à la Bastille ! Vous avez dit « seul » ?

J’étais présent dimanche dernier à la Bastille lors du rassemblement en faveur de la VIe République. Alors que le Génie de la Liberté trônait au centre de la place sur sa colonne, des centaines de drapeaux du Parti de gauche, du Parti communiste, du Front de gauche, du NPA ou encore d’Europe-Ecologie les Verts fleurissaient les lieux. Au moment où les manifestants ont repris en chœur l’Internationale et la Marseillaise, je n’ai pas pu m’empêcher de penser aux propos tenus par Jérôme Cahuzac, il y a quelques mois dans Mots croisés : « vous êtes un homme seul monsieur Mélenchon ». Quelle ironie de l’histoire que de voir aujourd’hui des milliers de citoyens répondre à l’appel du co-président du Parti de gauche, tandis que l’ancien ministre du budget est mis au ban de son parti et plus largement de la vie politique française. Quoi qu’en disent les médias, à l’heure où le gouvernement socialiste mène une politique libérale, où le Front national pêne à réunir 3000 manifestants pour célébrer la mémoire de Jeanne d’Arc, la marche pour la VIe République est incontestablement une réussite.

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C’est la gauche qui ne se renie pas, qui s’est retrouvée à la Bastille !

A l’appel de Jean-Luc Mélenchon et du Front de gauche, près de 180 000 personnes s’étaient données rendez-vous dimanche dernier place de la Bastille, à Paris. Résolument tournés vers l’avenir et l’émancipation humaine, les manifestants ont défilé pendant plusieurs heures dans les rues de la capitale afin de rejoindre la place de la Nation.

Passée la guerre des chiffres et la manipulation éhontée du ministre de l’intérieur¹, la marche pour la VIe République est sans conteste une réussite pour la gauche non gouvernementale. Hormis le Parti socialiste, elle a  réuni toutes les composantes de la gauche, d’Europe-Ecologie les Verts au NPA.

Qui est seul aujourd’hui, sinon le gouvernement ? Car quoi qu’en dise le PS, Jean-Luc Mélenchon est bien à l’heure actuelle celui qui rassemble la gauche et non celui qui la « divise ». On a vu dimanche nombre de socialistes, de communistes, d’anticapitalistes, d’écologistes, de féministes, de républicains, de syndicalistes, de salariés en lutte ou encore d’associatifs répondre à son appel. Pas moins de cinq anciens candidats à l’élection présidentielle (Mélenchon, Buffet, Joly, Besancenot et Poutou) et une dizaine de formations politiques de gauche étaient réunis. Cette dimension fédératrice est plus que jamais un espoir. Une alternative est désormais possible à gauche !

 

Un rassemblement qui révèle au grand jour l’isolement du Parti socialiste

Le moins que l’on puisse dire, est que face à la mobilisation massive du 5 mai, le pouvoir en place n’est pas serein. Preuve en est la multiplication des sorties médiatiques des membres de l’exécutif depuis dimanche dernier pour faire contre-feu.

A l’initiative de la marche pour la VIe République, le co-président du Parti de gauche est plus que jamais la cible à abattre. En le diabolisant, le PS et le gouvernement tentent de décrédibiliser son discours et de ternir son image aux yeux des français.

Ainsi, depuis deux jours une contre-offensive médiatique est menée depuis l’Élysée. Disciplinés, ministres et cadres du parti répètent en boucle les mêmes paroles. Le co-président du Parti de gauche serait un « théoricien du chaos », qui « pratique la politique du pire »  et cherche à « mettre de la tension dans notre pays ». Selon les solfériniens, sa stratégie politique « ne rassemble pas » , mène à « l’échec » et  « ne participe pas à faire reculer le Front national ».

Le PS prêche donc l’unité de la gauche et la lutte contre le Front national. Mais qui mène une politique antisociale depuis un an ? Qui a trahit les travailleurs français en votant l’ANI et en rejetant l’amnistie sociale ? Qui a porté un coup à notre démocratie en votant le TSCG ? Qui conduit une politique de bouc émissaire envers les Roms ?… C’est l’action du PS, au pouvoir depuis un an, qui est à l’origine de la division de la gauche, pas Jean-Luc Mélenchon !

 

Une démonstration de force quelques jours après la faible mobilisation du Front national

Du coté du FN, on mise bien évidemment sur l’échec du gouvernement en place. Comme son père, Marine Le Pen ne cesse de se présenter comme l’unique recours face aux tenants du système. Le PS prétend tout faire pour ne pas lui donner cette opportunité. Et pourtant, c’est l’inverse qui se produit. L’affaire Cahuzac, les politiques d’austérité ou encore les multiples compromissions du gouvernement, n’ont cessé de renforcer le discours frontiste.

A un an de deux échéances électorales majeures, le PS a-t-il cependant intérêt à intensifier la lutte contre le Front national ? En effet, la stratégie du vote utile reste aujourd’hui l’unique moyen pour ce parti social-démocrate d’attirer les électeurs de gauche au premier tour. Il lui faut donc continuer à faire peur. Pour cela il peut compter sur la docilité de certains médias.

Mercredi dernier, le Front national réunissait ses troupes place de l’Opéra, à Paris. Le parti d’extrême droite devait sortir les muscles et réaliser une démonstration de force. En réalité, seul le discours fut musclé ! En effet, Marine Le Pen a peiné à rassembler 3000 personnes !

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Une situation qui n’a pas empêché certains journaux de parler d’une « progression » de ses idées. D’autres ont même affirmé qu’en ce 1er mai 2013, la famille Le Pen avait « volé la vedette aux syndicats ». La palme revient cependant aux Echos, pour qui le FN serait devenu le « parti de la lutte des classes ». Rien que ça !

Et pourtant, comme l’affirmait l’Humanité dans ses colonnes ce week-end, « pas un mot sur l’accord national interprofessionnel. Pas un mot sur le refus de l’amnistie sociale pour les syndicalistes condamnés pour avoir défendu leurs emplois. Pas un mot sur les salaires… ».

Qui aujourd’hui fait trembler le système ? Les 180 000 manifestants de la Bastille où les 3000 réactionnaires réunis en mémoire de Jeanne d’Arc ? La mobilisation de dimanche dernier est indéniablement une réussite. Elle a permis de démontrer l’isolement du Parti socialiste et de relativiser la portée du dernier rassemblement du Front national. Plus que jamais, le Front de gauche et ses alliés se posent en alternative à la politique gouvernementale. Dimanche dernier, un nouvel espoir est né !

¹ Tandis que la préfecture de police avait dans un premier temps annoncé qu’elle ne donnerait « aucun chiffre de participation », comme à son habitude pour les « manifestations politiques », une estimation (30 000 manifestants) à finalement été donnée. L’intervention du ministre de l’intérieur ne fait aucun doute.

Comments
2 Responses to “180 000 à la Bastille ! Vous avez dit « seul » ?”
  1. O.P.I.A.M. dit :

    As-tu la source s’il te plaît concernant les irresponsables des Échos qui disent que le FN serait devenu le « parti de la lutte des classes » ?

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