Formation, emploi, logement, santé, qu’en est-il de la jeunesse ?

A chaque campagne électorale la jeunesse a droit à de beaux discours. On lui parle d’avenir, d’autonomie, d’égalité des chances, d’espoir ou encore de liberté. Cependant, les discours ne suffisent plus. Les actes se font attendre. Formation, emploi, logement, santé, dans de nombreux domaines les difficultés ne cessent de s’accroitre pour la jeunesse de France. Il y a d’ailleurs de fortes raisons de craindre que la génération actuelle sera la première qui vivra moins bien que celle de ses parents…

Jeunes-Austérité

Une jeunesse qui ne voit plus l’avenir en rose

On peut estimer que la jeunesse se situe entre la fin de la scolarité obligatoire (16 ans) et l’entrée définitive, avec un emploi stable, dans le monde du travail. Elle englobe ainsi les lycéens, apprentis, étudiants, jeunes actifs (en emploi précaire, CDD…), jeunes à la recherche d’un emploi ou encore les jeunes en situation de rupture scolaire ou sociale. La jeunesse est donc diverse et de fortes inégalités existent entre ceux qui la composent. L’influence de l’origine sociale sur l’avenir scolaire ou professionnelle reste encore très forte.

Bon nombre sont les jeunes qui rencontrent aujourd’hui des difficultés dans des domaines divers et variés. Pour certains ce sont des conditions de stage ou d’apprentissage inacceptables (salaire dérisoire, travail dissimulé…). Pour d’autres c’est un accès toujours plus délicat à l’enseignement supérieur. En effet, les frais d’inscription dans les universités ne cessent de s’accroitre (tout comme la part de cotisation sociale ou le prix  de la restauration universitaire). Pour les étudiants issus des familles les plus modestes, le montant des bourses ne suffit plus à assurer le paiement d’un logement. Ainsi nombreux sont ceux qui doivent travailler pour financer leurs études (20% des étudiants), réduisant ainsi leur chance de réussite à l’examen.

Sur le front de l’emploi les jeunes sont touchés par un taux de chômage très fort, 24% (plus de 40% dans les zones urbaines sensibles), des salaires faibles et une précarité importante (intérim, instabilité…). Ils doivent sans arrêts « faire leurs preuves » et sont donc confrontés à de rudes conditions de travail. L’insertion professionnelle est quant à elle toujours aussi problématique. Il se passe en moyenne cinq années entre l’obtention d’un diplôme et l’accès à un emploi en CDI. Les jeunes ne perçoivent pas le RSA avant 25 ans et bon nombre d’entre eux ne touchent pas l’assurance chômage. Ainsi plus de 20% des 16-25 ans vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté.

Enfin, pour beaucoup d’entre eux, la question de l’accès au logement est problématique, notamment face à la flambée des loyers, au manque de place dans les foyers de jeunes travailleurs ou dans les résidences universitaires et à la quasi inaccessibilité des logements sociaux. Par ailleurs, faute d’argent, trop nombreux sont ceux qui renoncent à se soigner. 20% des étudiants ne sont par exemple pas couverts par une complémentaire santé.

Là aussi le gouvernement déçoit

Formation, emploi, logement, santé, les chantiers concernant la question de la jeunesse ne manquent pas. Face à cette situation les premières mesures annoncées par le gouvernement ne sont pas à la hauteur des attentes.

Alors que le nombre d’universités en déficit n’a jamais été aussi important et que de nombreux établissements (40%) pratiquent des frais d’inscriptions illégaux, le gouvernement ne compte pas toucher à la LRU (loi relative aux libertés et responsabilités des universités) mise en place sous Nicolas Sarkozy. Ainsi il n’oppose aucune résistance face à la marchandisation des savoirs et au tournant managérial imposé au monde universitaire.

En réalité sur cette question comme sur tant d’autres, le PS est le cul entre deux chaises. D’un coté il se dit socialiste mais de l’autre il est rattrapé par sa véritable nature, qui est-elle, social-libéral. En 2007, ses parlementaires avaient voté contre la LRU. Bruno Julliard, aujourd’hui secrétaire à l’éducation du PS et président de l’UNEF à l’époque, avait déclaré en 2007 « la LRU est dangereuse, même après négociations (…) l’Unef  la voudrait morte et enterrée« .  Aujourd’hui, il n’en est en plus rien, ceci n’est plus qu’un souvenir, le gouvernement ne touchera pas à la LRU privilégiant ainsi l’autonomie plutôt que le service public.

Concernant l’emploi  des jeunes les premières mesures prises par le gouvernement ne sont pas convaincantes. Les emplois d’avenir votés fin 2012 (pour les jeunes chômeurs sans diplômes) n’apparaissent pas comme une mesure viable. Alors que les emplois jeunes étaient signés pour 5 ans, ceux-ci ne le sont que pour 1 à 3 ans. Or un  jeune sans diplôme à besoin de plus d’un an pour pouvoir acquérir une formation qualifiante débouchant sur un emploi en CDI. Par ailleurs, cette mesure démarre timidement. Le gouvernement avait prévu d’en signer 100 000 par an, cependant seuls 4000 ont pour l’instant été signés. Les contrats de génération votés fin janvier et basés sur des exonérations de cotisations sociales patronales, n’apportent pas davantage de satisfaction. Martine Aubry les avait d’ailleurs très critiqués durant les primaires socialistes. « Tout système fondé sur l’exonération des cotisations pour les jeunes n’a jamais fonctionné (…), ça coûte très cher, 8 milliards (…) » et « il y a des effets d’aubaine ».

Sur la question de l’accès au logement pour les jeunes, les promesses se font attendre. François Hollande avait dit vouloir mettre en place dès les premières semaines de son mandat une caution solidaire (présentée comme une « sécurité sociale logement ») afin de permettre aux jeunes d’accéder à la location. Cependant, 8 mois après son élection ni le président, ni la ministre du Logement, Cécile Duflot ne se sont exprimés à ce sujet ! Là encore, il va falloir attendre…

 Des solutions concrètes et réalisables sont pourtant possibles

A travers le contre contre-budget du Parti de gauche, la loi cadre sur la jeunesse déposée par Marie-George Buffet (et le groupe Front de gauche à l’Assemblée) fin 2011, ou encore le programme l’Humain d’abord, le Front de gauche propose des solutions viables et finançables pour remédier aux différents problèmes que rencontre aujourd’hui la jeunesse de France.

Concernant les jeunes en apprentissage ou en stage, la mise en place d’une rémunération minimale à 80% du SMIC apparait nécessaire. A cela doivent venir se joindre une fixation par branche d’un nombre minimal d’apprentis, la surpression des exonérations de cotisations sociales pour les entreprises qui le respecteraient pas ou encore la prise en compte des détournements de stage comme du travail dissimulé. Pour répondre à l’absence de statut sociale des jeunes le Front de gauche propose d’instaurer une allocation d’étude et d’autonomie. Face aux problèmes de l’accès à l’enseignement supérieur, une augmentation immédiate des bourses d’études sur critères sociaux doit être mise en place et la loi LRU abrogée. Le Réseau jeunes du Parti de gauche mène actuellement à ce sujet une campagne à destination des étudiants dans les universités.

 Face aux problèmes que rencontrent les jeunes pour accéder à un logement décent, des mesures rapides doivent être prises. L’augmentation du nombre de logements sociaux afin d’en faciliter l’accès aux jeunes travailleurs, le doublement des places dans les résidences universitaires et dans les foyers de jeunes travailleurs, la rénovation des résidences universitaires délabrées, l’encadrement des loyers ou encore la revalorisation des APL. Concernant l’accès aux soins, les franchises médicales doivent être supprimées pour les étudiants et apprentis, l’aide à l’acquisition d’une complémentaire santé doit être renforcée et les dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale remboursées à 100%. Enfin, la mise en place de centre de santé où les consultations sont non payantes pour les moins de 26 ans doit être généralisée dans les CFA et résidences universitaires.

Si l’avenir de la jeunesse est réellement une priorité nationale, alors tout doit être fait pour qu’elle puisse enfin faire appliquer ses droits : droit à la formation, droit au logement, droit à des conditions de vie décentes, droit à la mobilité, droit à la dignité, droit à la protection sociale…

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